Viens j'te raconte...

 

 

VIENS  J’TE  RACONTE…

 

 

-         Viens Adrien, j’te raconte la construction !

-         Mais tu me racontes toujours les mêmes choses !

-         Non ! aujourd’hui je vais te raconter comment Papi a failli être emporté dans le ruisseau.

-         C’est vrai ?

-         Ben oui, ça a été terrible…

-         Bon ben tu racontes !

-         Papi était derrière le garage, il était toujours là. C’est Christian qui l’avait installé là pour couper les lames de parquet pour le plancher des chambres.

-         Mais ça tu me l’as déjà raconté !

-         Mais attends donc ! Il faut bien que je t’explique comment ça s’est passé ! Vers dix heures il commence à pleuvoir. Au début pas trop fort mais ensuite ça s’est aggravé. Alors Papi a mis à l’abri tout le matériel dans le garage, heureusement. Mais il pleuvait trop fort et le ruisseau a commencé à déborder. Mamie disait qu’elle n’avait jamais vu ça. Même quand elle était petite.

-         Elle était une fois petite, Mamie ?

-         Bien sûr, comme toi !

-         Moi je ne suis pas petit !

-         Non je sais, plus maintenant ! Mais si tu ne me laisses pas continuer tu ne sauras pas la suite !

-         Vas-y continue !

-         Maman était en train de tapisser ta chambre. Il y avait plein de pingouins sur un fond bleu…

-         C’est pas des pingouins qu’il y a dans ma chambre c’est des rhinocéros !

-         Oui mais avant c’étaient des pingouins !

-         C’est pas vrai !

-         Si ! Et dans la mienne avant les avions c’étaient des étoiles ! Même qu’elles brillaient la nuit !

-         J’demanderai à papa si c’est vrai !

-         Sylvain et Mamie tapissaient la chambre d’amis. Là, la tapisserie n’a pas changé, toujours orange et verte. Sylvain, il n’arrêtait pas de chanter : « Quand te reverrai-je ? Pays merveilleux !... », une chanson d’un film.

-         C’est qui déjà Sylvain ?

-         Je te l’ai déjà dit ! C’est le papi d’Olivia qui habite sur la montagne du Nord. Et la mamie d’Olivia c’est Francine !

-         Et quand est-ce que l’eau a emmené Papi ?

-         Pas tout de suite, attends !

-         Ah ! Je savais bien que c’était pas vrai !

-         L’eau continuait à monter, à monter. Tout le monde avait un peu peur mais moi pas trop. Christian avait dit qu’il avait tout le matériel pour fabriquer un bateau si on ne pouvait plus partir avec les voitures.

-         Et papa il était où ?

-         A la FNAC ! Alors Papi a dit : « Je vais couper un p’tit tronc d’arbre pour faire un mât pour le bateau ! » et il est sorti.

-         Mais il pleuvait !

-         Oui mais il est sorti quand même et Mamie a crié : « Mais où il va maintenant ? » et moi j’ai dit : « Couper un arbre ! »

-         Et moi j’étais où ?

-         Toi tu te promenais dans ton trotteur, même que tu partais toujours de côté ou en arrière.

-         C’est pas vrai ! J’allais aussi en avant !

-         Oui, mais pas ce jour-là !

-         J’demanderai à papa si c’est vrai !

-         Maman a dit : « On prendra un drap du lit d’Alexis pour faire la voile, ça ira bien ! » mais moi j’ai dit que j’voulais pas. A un moment tout autour de la maison c’était comme la mer. Et le courant était devenu très fort et on a vu Papi qui avait glissé se rattraper au tuyau du robinet de dehors.

-         Le robinet au coin de la maison ?

-         Oui ! Tu as vu comment le tuyau il est long, il traîne par terre. C’est parce que Papi était accroché après pour ne pas partir dans le courant. Alors ça a étiré le tuyau.

-         Et pourquoi il est comme ça le tuyau ?

-         Parce qu’il a été étiré par Papi !

-         Oui ! Mais pourquoi il est comme ça, le tuyau ?

-         Ah ! C’est parce que c’est un tuyau de machine à laver !

-         Y avait une machine à laver quand y avait la mer ?

-         Non ! C’est Christian qui l’avait récupéré sur une ancienne machine !

-         Et Mamie, qu’est-ce qu’elle disait ?

-         Qu’elle n’avait jamais vu ça, même quand elle était petite.

 

 

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