LES TROLLS

 

D’ARTROLLSHEIM

 

Depuis qu’il fait froid, je ne fais plus de vélo mais je marche. Je marche dans les champs ou dans le sous-bois, derrière chez moi. Quel que soit le temps, je fais un tour ; ça me détend et ça fait de l’exercice.

L’autre jour, il avait neigé. Marcher dans la neige fraîche c’est un peu plus fatigant mais c’est amusant. Sauf qu’il faut bien soulever les pieds sinon gare aux mauvaises surprises. C’est ce que j’ai oublié de faire ce jour-là car, tout à coup, je me suis retrouvé le nez dans la neige. Je venais de buter sur un morceau de bois.

Je me relève rapidement ; heureusement je ne me suis pas fait mal, j’ai gardé des réflexes de gamins ; au lieu de chercher à éviter la chute je l’accompagne comme dans le judo par exemple.

Je me mets à dégager la neige pour voir ce qui avait causé ma chute. C’était une bûche, certainement perdue par un agriculteur qui avait fait du bois en forêt et qui l’avait rentré tout coupé. Ça lui évite d’avoir des saletés à la maison ; les morceaux d’écorce qui se détachent et la sciure restent en forêt.

Je ramasse cette bûche et constate qu’elle est pleine de trous comme du bois vermoulu mais elle est trop lourde pour cela. Intrigué, je la prends sous le bras et décide de la rapporter à la maison. Je n’ai pas de fourneaux à bois mais je pourrai toujours la donner à quelqu’un. Je tiens absolument à savoir pourquoi cette bûche en apparence vermoulue est aussi lourde. Une fois la neige bien enlevée j’aurai certainement l’explication.

A la maison, je pose la bûche sur une serpillère devant un radiateur et m’occupe en attendant que la chaleur fasse fondre la neige restée collée à la bûche. Au bout d’une petite heure je la reprends en main et, la retournant plusieurs fois, je constate que les trous sont moins nombreux que je ne le pensais tout d’abord et que, de plus, ils n’ont pas la même taille et sont plus gros que des trous de vers. Ils sont aussi tous situés du même côté de la bûche et semblent avoir été faits par une mèche à bois. Quelqu’un s’était amusé à faire, « bêtement », des trous, dans un morceau de bois. J’avais imaginé quelque chose de moins ordinaire, de plus bizarre, pourquoi pas... d’extra-terrestre.

Déçu, je repose la bûche sur la serpillère et décide de la donner dès le lendemain à la voisine, je sais qu’elle chauffe au bois...

En soirée, installé au salon dans mon fauteuil, je suis en train de regarder la télévision ; j’entends depuis un moment des petits craquements dans le couloir mais n’y prête pas vraiment attention. Pendant la coupure publicitaire je me lève et vais voir ce qui peut craquer de la sorte. Passant près de la bûche, toujours sur la serpillère, je me rends compte que les craquements proviennent de là et constate que, sortant des trous, des espèces de bourgeons un peu rouges se forment ; ils grandissent ; ce sont maintenant des petites tiges qui continuent à grandir.

 

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