une autre nouvelle

 

 

Rencontre

 

Lorsqu’il est sorti de chez lui ce matin la campagne était recouverte d’un ou deux centimètres de neige bien qu’on soit déjà le vingt-cinq mars. Le soleil était au rendez-vous mais ce n’était pas à ce rendez-vous qu’il allait.

Depuis qu’il était en retraite il s’était obligé à avoir au minimum une heure d’activité par jour, de la marche quand il faisait froid ou les jours de grand vent, de la bicyclette par beau temps, ou de la natation au moins une fois par semaine. Cela faisait une occupation mais surtout un moyen de se tenir en forme. Il n’avait pas encore la soixantaine et voulait profiter longtemps de sa retraite.

Cela faisait  presque une semaine qu’il partait marcher car le temps était plus hivernal que printanier. Pourtant chaque matin peu avant huit heures quelques rayons de soleil donnaient à la campagne une lumière attirante qui incitait à sortir de chez soi.

Depuis qu’il était levé ce matin, bien avant six heures, il attendait le moment où le soleil lui permettrait d’aller au rendez-vous qu’il s’était lui-même fixé, observant la route verglacée tantôt par la fenêtre de la cuisine, tantôt par celle de sa chambre. Il s’était déjà rendu à la boulangerie chercher son pain et avait pu constater que bien que le thermomètre indiquât une température inférieure à zéro, l’absence de vent rendait le froid très supportable.

Presque comme convenu, les nuages qui laissaient encore tomber quelques flocons disparurent un peu avant huit heures et ayant enfilé son anorak et vissé son bonnet sur la tête il prit la direction de la forêt comme il le faisait maintenant depuis quatre jours.

Il partit, de son pas assez rapide, les deux mains dans les poches de l’anorak, la tête baissée pour éviter d’avoir dans les yeux la lumière du soleil encore très bas à l’horizon. Il était un peu ébloui mais regardait déjà au loin la lisière de la forêt qui l’attendait.

Il ne s’y rendait pas directement. Il faisait pour la quatrième fois le même trajet qui passait près des deux noyers au pied desquels il aimait ramassé quelques noix en automne et auxquels il avait donné les prénoms d’Etienne et de Victor.

S’il faisait cela c’était pour être dans les mêmes conditions que les trois jours précédents. Et bien qu’il soit tenté de marcher plus vite il se retenait pour ne pas arriver trop tôt à son rendez-vous.

Au bout d’une vingtaine de minutes il atteignit la lisière de la forêt. Il n’avait pu observer dans la fine pellicule de neige glacée qui recouvrait le chemin que quelques traces de chiens datant de la veille.

 

 

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