Dans la vallée...

 

 

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N’oublie
pas

 

les lapins !

 

 

C’était dans la vallée

c’est une belle vallée

c’était une belle époque

presque

cette phrase

« n’oublie pas les lapins !»

je l’entendais tous les samedis

au retour de l’école

c’était mon travail

ma responsabilité

j’en avais bien d’autres

et mes trois sœurs avaient les leurs

celle-ci consistait

à m’occuper des lapins

à leur apporter nourriture

matins et soirs

et

chaque samedi

à nettoyer les clapiers

et pendant que j’y étais

le poulailler également

ce qui était moins drôle

car il fallait gratter

les excréments des poules

qui s’entassaient

sous le perchoir en bois

en été c’était vite fait

car les poules couraient à l’extérieur

et je pouvais faire ma corvée

tranquillement

mais en hiver

il faisait presque nuit

on sortait de l’école à seize heures

même le samedi

à cette époque

c’était presque une belle époque

et les poules déjà perchées pour la nuit

volaient en tout sens

dès que je m’approchais du perchoir

avec ma raclette

et la quantité de crottes...

c’est phénoménal

ce qu’une vingtaine de poules

peut produire comme excréments

en une semaine

c’était dans la vallée

c’est une belle vallée

pour les lapins

c’était plus agréable

sauf lorsque l’un d’eux profitait

que la porte de la cage soit ouverte

pour se faire la belle

ça arrivait surtout à ceux qui logeaient

au rez-de-chaussée

un des clapiers ressemblant

à une petite tour hlm de quatre étages

les autres hésitaient tout de même

avant de faire le grand saut

mais ce n’était pas impossible

heureusement

la plupart du temps

les fuyards n’allaient pas très loin

par prudence j’étais censé fermer la porte

donnant sur la cour

mais il m’arrivait…

d’oublier...

en été

c’était dans la vallée

c’est une belle vallée

« nettoyer les clapiers » consistait

à l’aide d’une raclette

à retirer la vieille litière de chaque cage

en commençant par celles du haut

et à en remettre de la nouvelle

ainsi qu’à laver les écuelles

il y en avait deux par cage

une pour l’eau et l’autre

pour les granulés de son

et cela même en hiver

et tant pis

pour les mains rougies et endolories

par l’eau froide

c’était une belle époque

presque

c’était dans la vallée

c’est une belle vallée

 

 

 

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