Entre deux anniversaires

 

 

Christian  GAUGLER

 

 

 

ENTRE  DEUX  ANNIVERSAIRES

 

 

  

JUILLET  2007

 

 

illustration de Yoréva Moléana

 

01

 

 

-         Bonjour mon chéri et joyeux anniversaire mon grand !

-         Merci, maman.

-         Joyeux anniversaire, Etienne !

-         Merci, Bernard.

-         Lève-toi vite ! Il est déjà sept heures moins dix et ton bus est dans une demi-heure !

-         Oui maman, heureusement je n’ai cours que jusqu’à midi. Tu viendras me chercher ?

-         C’est moi qui viendrai, intervient Bernard gentiment comme toujours, ta mère est prise toute la journée.

-         D’accord ! Je serai comme dab devant le magasin de chaussures

 

 

Aujourd’hui c’est mon anniversaire, le douzième déjà. Au collège, les copains vont me chambrer un peu mais c’est normal, on le fait à tous les copains le jour de leur anniversaire. Je fais un rapide débarbouillage, je m’habille, avale le bol de cacao que maman m’a préparé et tout en mangeant un morceau de brioche aux raisins j’enfile mon blouson, attrape mon sac et file faire une bise à maman.

 

-         Bonne journée, maman !

-         A toi aussi, mon grand et à ce soir ! Tu auras ton cadeau ce soir.

-         Oui, oui, c’est bien

J’ajoute à l’intention de Bernard :

-         A tout à l’heure devant le magasin de chaussures !

-         J’y serai ! Bonne matinée !

 

 

02

 

 

Sur le chemin vers l’arrêt bus, j’essaie d’imaginer le cadeau que maman va me faire ce soir. Et, aussitôt, mes pensées font un bond de cinq ans dans le passé, le jour de mon neuvième anniversaire où papa m’avait offert une canne à pêche, c’était la même que moi, j’offrais à mon papa qui, fait assez rare, a son anniversaire le même jour que son moi.

Ce fut le dernier anniversaire que nous avons fêté ensemble. Entre temps, papa a disparu, me laissant seul avec maman. Depuis, les anniversaires ont beaucoup moins de charme et ravivent mon sentiment de révolte envers mon père qui nous a plantés sans explications.

Un peu plus d’un an après, maman a connu Bernard qui vit maintenant avec nous. Il est très gentil. Nous n’avons pas de problèmes pour nous supporter comme c’est le cas pour deux de mes copains. Bernard m’estime et moi aussi car il n’a jamais cherché à remplacer mon père auprès de moi.

A l’arrêt bus, les copains et les copines me souhaitent en chœur un joyeux anniversaire ce qui me permet de revenir dans le présent. Ensuite les copines me font la bise, ce qui est bien agréable car il y en a quelques-unes qui sont trop cool.

 

 

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