Entretien

 

Première partie

 

 

Une exclusivité

du site alsace-pepulli,

un entretien avec...

le Président !

 

-         Monsieur le président…

-         Là j’te coupe tout de suite car quand on me parle on met une majuscule c’est la moindre des choses !

-         Excusez-moi, Monsieur le Président, mais je croyais que…

-         Oui ben justement ! C’est pas parce que je tutoie les gens et que je m’exprime comme je m’exprime que je suis le copain de tout le monde. Il y a des limites à ne pas franchir. Mais vas-y ! N’aie pas peur ! Pose tes questions et j’te répondrai en toute franchise car entre nous, j’n’ai rien à cacher.

-         Alors, Monsieur le Président, qu’en est-il de vos promesses ?

-         Tu vois, tu peux poser tes questions et je ne t’engueule pas et je vais même te répondre sans te traiter de pauv’ con. Tout le monde dit que je n’ai pas tenu mes promesses mais c’est de la méchanceté car j’ai tenu les plus difficiles.

-         Et on peut savoir lesquelles ?

-         Le bouclier fiscal ! C’est quand même pas rien ! T’as déjà essayé de faire un cadeau à des gens qui ont déjà tout ? C’est dur ! Il faut se lever tôt mais ça je sais le faire !

-         Effectivement…

-         Et puis j’ai viré Cécilia !

-         C’était une promesse ?

-         Oui je lui avais dit : « Toi tu traîneras pas longtemps à l’Elysée ! » Je le lui avais promis et j’ai tenu bon.

-         Et la garde-robe de Carla ? Et les bijoux ? Ça aussi ça a pas été facile mais je l’ai fait ! Les essayages, il faut se les farcir, hein ! Et Carla y tenait !

-         C’est vrai, je Vous comprends mieux maintenant !

-         Bon pour le vous, la majuscule n’était pas nécessaire, faudrait pas maintenant devenir un lèche-bottes, j’en ai assez qui tournent autour de moi du matin au soir.

-         Qui par exemple ?

-         T’as qu’à allumer la télé ! Tous ceux que tu vois me cirent les pompes !

-         Vraiment ?

-         Oui surtout sur tf1, la direction, les journalistes comme les invités !

-         Et la deux ?

-         C’est pas encore tout à fait au point mais depuis qu’ils n’ont plus de pub, encore une de mes promesses tenues, et que c’est moi qui leur file le fric il faudra bien qu’ils apprennent à cirer les pompes.

-         Mais il y a encore de la pub avant 20 heures !

-         Comment ça ?

-         Oui avant 20 heures il y a encore de la pub !

-         Ah les pourris ! Ils ne m’ont pas obéi ! Mais tu comprends, je vais toujours à tf1 alors derrière mon dos ils font ce qu’ils veulent. Mais j’ai promis à tf1 de mettre la deux à genoux et je le ferai !

-         Parlons maintenant de l’affaire clearstream…

-         Je savais que t’allais me poser une question sur l’affaire Villepin…

-         Clearstream…

-         Villepin !

-         Si vous voulez, Monsieur le Président.

-         Bien sûr que j’veux mon neveu ! Villepin il est mort et ça, je m’l’étais promis !

-         Vous avez mis une majuscule à Villepin ? Je croyais que vous lui en vouliez tellement.

-         Par respect pour les morts ! Tu vois que je respecte certaines valeurs !

-         Et votre réélection en 2012 ?

-         En 2017 !

-         Mais vous ne pouvez pas ! Vous ferez changer la loi ?

-         Ben non ! Je ne me représente pas en 2012 mais en 2017.

-         Mais pourquoi cela ?

-         D’abord pour battre Mitterrand ! il a fait quatorze ans, moi, j’en ferai quinze. Et puis, il y aura du sale boulot à faire dans les prochains temps alors je laisserai un autre le faire et en 2017, je reviens comme un grand, pour dix ans.

-         Justement, il y a des gens qui souffrent, Monsieur le Président !

-         Tu crois tout de même pas que je ne le sais pas. Mais enfin, c’est quand même extraordinaire qu’on pense que je ne fais pas tout ce qu’il faut pour eux ! Alors là, je vais t’le dire, de toi à moi, on ne va pas se raconter des histoires, on ne va rien se cacher… je les respecte !

-         … les respecte ?

-         Oui ! Et je respecte leur souffrance !

-         … leurs souffrances !

-         Là, tu déformes mes paroles !

-         Comment cela ?

-         T’as mis des « s » !

-         Parce qu’ils en ont beaucoup, Monsieur le Président.

-         Et bien, je les respecte toutes !

-         Et vous croyez que ça suffit ?

-         Mais enfin… enfin, tout le monde sait… tout le monde ! que les gens qui souffrent… qui souffrent… sont pudiques… pudiques ! alors moi… moi ! pour ne pas les gêner… pour ne pas les gêner ! je détourne le regard… je détourne le regard ! et ils m’en sont… m’en sont ! reconnaissants… reconnaissants !

-        

 

La suite de l’entretien,

dans quelques jours...

peut-être !

 

 

SUITE

 

 

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